Constitution Bénin: droits à l'eau et à l'assainissement

CANEA en réunion © Protos

BENIN – Le CANEA, Cadre de Concertation des Acteurs non étatiques du secteur Eau et Assainissement, initie un plaidoyer pour la constitutionnalisation des droits à l'eau et à l'assainissement.

Plusieurs droits sont inclus dans la loi fondamentale du Bénin à l’exemple du droit à l’éducation, du droit à l’environnement, du droit à la santé. Mais, les droits à l’eau et à l’assainissement ne s'y retrouvent pas de manière explicite. Le nouveau président du Bénin, Patrice Talon, a annoncé de nombreuses réformes politiques afin de rendre l'administration publique plus productive, de donner force à la loi et de renforcer efficacement les droits des citoyens. Il a ainsi mis en place une commission chargée de ces réformes. Celle-ci est officiellement entrée en service le 6 mai 2016 et a 100 jours pour déposer son rapport.

C’est dans cette droite ligne que s'inscrit le CANEA, le Cadre des Acteurs non Etatiques du secteur Eau et Assainissement (dont fait partie Protos), quand il initie un plaidoyer pour la prise en compte explicite du droit à l'eau dans la constitution du Bénin. En effet, la société civile du secteur eau et assainissement estime que le président du Bénin a ouvert la brèche dans son discours de prestation de serment le 6 avril 2016 en affirmant : "Je travaillerai à réduire puis à éradiquer la précarité en assurant dès à présent, la protection des plus démunis ainsi que l’accès pour tous, à l’eau et à l’énergie en tant que droits inaliénables et facteurs de développement".

La constitutionnalisation des droits à l'eau et à l'assainissement devient une nécessité puisque récemment encore, en décembre 2015, les Nations Unies ont réaffirmé les droits à l'eau et à l'assainissement en les séparant et en précisant leurs définitions. Cette résolution permet d’améliorer la compréhension de ces droits et de clarifier les obligations des Etats tout en créant un nouvel outil que les citoyens et la société civile peuvent utiliser pour revendiquer leurs droits auprès de ces derniers.

Les travaux de l'atelier en charge du plaidoyer ont regroupé des membres du CANEA, des structures étatiques de la santé et de l'eau, des partenaires techniques et financiers (PTF), des organisations de veille citoyenne et des hommes de la presse écrite et audio-visuelle. Il s'est agit de définir les grandes bases de la stratégie de plaidoyer à mettre en œuvre en concordance avec le calendrier de la commission de réforme mise en place par le Président. Le plaidoyer sera dirigé vers plusieurs cibles dont les membres de la commission, les parlementaires, les hommes de média et le grand public.

Protos joue un rôle prépondérant dans cette initiative puisque, étant membre du bureau du CANEA, il fait d’emblée partie du comité mis en place pour l'élaboration de la stratégie de plaidoyer.

 

  • article: Blanche Blackassi