Hygiène et assainissement à Masare, Bugendana

BURUNDI - Bugendana est une des communes de la province de Gitega, située au centre du Burundi. Dans cette commune Protos et son partenaire AVEDEC sont présents depuis 2008. Les objectifs poursuivis par ces deux intervenants sont principalement axés sur l’accès à l’eau et à l’assainissement, la GIRE a, quant à elle, été introduite plus récemment. Lors du précédent programme, des infrastructures GIRE ont été construites à divers endroits dans la commune mais surtout dans le micro bassin de Masare, choisi comme site pilote pour y concentrer nos actions GIRE. Dans ce micro bassin, des efforts considérables ont donc été fournis en matière de protection de l’environnement, mais aussi en matière d’accès à l’eau ainsi que dans le domaine de l’hygiène et de l’assainissement.

Parlant de l’hygiène/assainissement, l’amélioration des aspects de ce domaine requiert des séances de sensibilisation régulières et soutenues afin que les concernés puissent adopter de nouvelles pratiques et changer leur comportement. Après l’adoption de celles-ci et le changement de comportement qui prennent parfois beaucoup de temps, les gens se rendent compte qu’ils avaient besoin de tels dispositifs d’hygiène/assainissement, et ce parfois malgré leur résistance initiale.

Bien qu’ils soient tous des bénéficiaires des mêmes actions, quand on leur demande d’apprécier les appuis reçus de Protos et d’AVEDEC, les appréciations sont différentes. Les jeunes, par exemple, se réjouissent d’avoir des douches chez eux, les femmes vantent les latrines tandis que les hommes se soucient peu de l’hygiène mais parlent de la protection de ses terres.

Gauche à droite: NSABAMAHORO Pacifique, BARANSGIRIJE Bernadette, RWAMUTWA Evariste © Protos

NSABAMAHORO Pacifique, un jeune de 25 ans témoigne: « Autrefois quand on n’ avait pas une douche à la maison, il m’arrive d’annuler mes rendez vous parce que je devais me laver avant de répondre au rendez vous et je ne pouvais pas me laver pendant la journée. Pour se laver je devais attendre tard dans la nuit ou me lever très tôt le matin pour me laver dans la cours familiale avec le risque que quelqu’un sorte ou rentre et me surprenne tout nu. Or, pendant la journée, je devais vaquer à mes occupations, soit aller travailler dans les champs, soit retaper la maison ou garder les chèvres et tout cela me rend trop sale que pour aller au centre rencontrer les amis pour bavarder ou traiter une affaire. C’est pour cela que, moi, je loue cette initiative de Protos et AVEDEC de nous ouvrir les yeux et nous montrer que nous avons besoin un lieu intime pour faire notre toilette. » 

Les femmes à leur tour se réjouissent de tout qu’elles ont bénéficié mais elles sont très contentes d’avoir des latrines adéquates dans leurs ménages. Madame BARANSGIRIJE Bernadette âgée de 61 ans raconte: « Vraiment Protos et AVEDEC nous ont fait de bonnes choses, quand ils sont venus nous parler des latrines avec des dalles sanplat, moi, j’ai accueilli cette nouvelle de très bonne oreille parce que cela venait de décharger d’un travail qui était comme un poids sur mes épaules. En effet, avant cela, on n’avait rien comme toilette, tous les membres de la famille faisaient leurs besoins autour du bananier se trouvant derrière notre maison. Chaque matin, je devais me lever très tôt le matin pour faire la propreté et enterrer tous les excréments dans un trou creusé à l’aide d’une houe, mais cela n’empêchait pas d’avoir les mauvaises odeurs dans la cours arrière de notre maison. De tout cela, le plus dur était que moi, quand j’avais envie d’aller à la toilette, je devais attendre la tombée de la nuit pour ne pas me faire regarder par les enfants ou me faire surprendre par des visiteurs. » 

Monsieur RWAMUTWA Evariste âgé de 64 ans déclare que de toutes les actions de Protos et AVEDEC, le plus important a été d’aménager les courbes de niveau pour juguler les effets néfastes dus à l’érosion. Voici ce qu’il dit : « Moi, je suis rapatrié de la Tanzanie, installé sur la terre de mes ancêtres. Quand j’ai commencé à cultiver pour avoir de quoi nourrir ma famille, une pluie diluvienne est venue et a emporté tous mes champs. Une année après, AVEDEC et Protos sont arrivés avec le programme d’aménager les courbes de niveaux. J’ai eu la chance d’être engagé parmi la main d’œuvre pour creuser ces fossés anti érosifs. Ces derniers passent dans ma propriété mais ne couvraient pas tous mes champs. Quand j’ai vu que, effectivement cela pouvait protéger ma terre contre l’érosion, j’ai continué sans l’appui de AVEDEC et j’ai aménagé des fossés antiérosifs sur toute ma propriété. L’année suivante, non seulement, j’ai eu de très bonnes récoltes mais aussi l’administrateur est venu voir mes champs et a récompensé mes efforts en me donnant des tôles pour couvrir ma maison qui était jusque là en paille. » 

 

  • Article: Carinie Masumbuko