L’Eau, sur le chemin de l’école!

Moustiques Les Salines (Haiti) © Dieter Telemans

HAITI - Qui n’a pas encore entendu que L’eau est la base de toute forme de vie ? Que l’Eau est une ressource naturelle multifonctionnelle et multidimensionnelle ? Que l’Eau, comme le défend Protos, est un droit naturel ? Nul ne peut en ignorer. C’est même trop redondant voire embarrassant dans certaines sociétés occidentales de répéter ces phrases qualifiées de « toutes faites ». Mais combien de personnes dans ces sociétés sont en mesure d’évaluer l’écart réel entre droit et accès à un service dit « de base » dans un pays en développement ?

Située dans l’archipel des Antilles, Haïti est victime d’une pauvreté écrasante marquée entre autres par une distribution des services d’eau encore très loin de couvrir les besoins de ses dix millions d’habitants. Le relief d’Haïti (3/4 des terres sont des collines) complique davantage les infrastructures à mettre en place pour desservir les populations des zones rurales en particulier. Cela justifie le choix de Protos de travailler dans ces zones dont le bassin de Moustique (nom que porte une rivière). Habitée par plus de 40,000 habitants, cette zone au climat très sec et très enclavée d’Haïti vit une réalité toute particulière par rapport à l’eau.

Des formes d’adaptation tout à fait inventives mais très raisonnées!
Au sein d’un ménage, la corvée de l’eau est une tache de très haute importance méticuleusement supervisée par le chef de famille et exécutée par les enfants, généralement des filles. La règle est claire : toujours ramener l’eau quand on rentre dans la maison ! Pas question d’omettre ce principe. Ces fillettes (photo de Dieter Telemans) de 7 à 11 ans tombent sous cette "loi". Elles habitent à près de 40 minutes de marche de leur établissement scolaire à coté duquel existe une borne fontaine. Posséder un âne facilite beaucoup la vie de ces filles mais aussi de toute la famille. Tous les matins en allant à l’école, elles sellent l’âne de famille pour la surcharger de récipients devant être remplis d’eau de retour à la maison. L’âne, à l’instar d’une voiture, est garé sur la cour d’école entre 8 et 13 heures. A la fin des classes, les enfants remplissent leurs réservoirs d’eau pour investir à nouveau 40 minutes de marche pour rentrer à la maison.  Une corvée qui n’a pas l’air d’être fatigante quand on observe le sourire exaltant des enfants dans un milieu très sec et ensoleillé, habité par un terroir désespéré de pouvoir produire des vivres alimentaires.