Lancement du programme AMSANA

AMSANA signifie « Appui Multisectoriel pour la Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle dans l’Atacora ». Il s’agit d’un programme multi-acteurs de cinq ans (2015-2020) conçu par le Fonds Belge pour la Sécurité Alimentaire (FBSA) et le Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la pêche (MAEP) du Bénin. Le budget est de € 12.592.000 euro dont 85% financé par le FBSA et 15% par les organisations partenaires.

Le département de l’Atacora a été choisi compte tenu du niveau élevé et persistant de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition dans la région et du potentiel de production. Soixante-cinq villages des quatre communes de Boukombé, Cobly, Matéri et Tanguiéta sont ciblés afin de concentrer géographiquement les moyens et l’intégration des différents secteurs d’intervention. Le programme consiste à prévenir l’insécurité alimentaire et nutritionnelle en améliorant l’offre de produits agricoles, les services économiques et les pratiques nutritionnelles. Les acteurs communaux, départementaux et nationaux sont accompagnés et responsabilisés pour la prise en compte de cette thématique dans leurs stratégies d’intervention.

Objectifs et résultats

L’objectif général du programme est une sécurité alimentaire et nutritionnelle améliorée dans les 65 villages ciblés.

L’objectif spécifique est d’assurer une disponibilité des produits vivriers et maraîchers, des revenus augmentés et plus diversifiés et une meilleure prévention de la malnutrition pour 8.000 ménages, en particulier pour les populations vulnérables dans un environnement institutionnel favorable.

Pour atteindre les objectifs, les résultats suivant sont attendus :

  1. La disponibilité des produits maraîchers et vivriers, y inclus le fonio, ainsi que les bénéfices qui en découlent sont améliorés ;
  2. Les populations disposent de services économiques pour augmenter et diversifier leurs revenus ;
  3. Les communautés adoptent de meilleures pratiques nutritionnelles et d’hygiène ;
  4. Les stratégies et interventions d’appui relatives à la sécurité alimentaire et à la prévention de la malnutrition sont mieux prises en compte aux niveaux communal, départemental et national ;
  5. Les effets multidimensionnels, l’efficience du programme et l’appropriation des bonnes pratiques sont renforcés.

Les communes servent de porte d’entrée pour le programme AMSANA et jouent un rôle clé dans la coordination des interventions sur le terrain. Cinq partenaires belges ont la responsabilité d’un ou plusieurs volets :

  • La Croix Rouge de Belgique : Promotion de meilleures pratiques nutritionnelles et d’hygiène.
  • L’Agence belge au développement (CTB) : Coordination du programme et appui institutionnel.
  • Iles de Paix : Promotion du maraîchage familiale et de la production durable du maïs.
  • Louvain Coopération pour le Développement : Promotion de l’entrepreneuriat et fourniture de services économiques.
  • Protos : Promotion du maraîchage professionnel et de l’accès à l’eau potable.

Dans ce grand programme-, Protos prend donc en charge une sous-composante de la Composante « Production vivrière et maraîchère » et une sous-composante de la composante « Nutrition, hygiène et eau potable » :

  • Le sous-projet Maraîchage vise à développer des pôles de production maraîchère dans des zones à grand potentiel de mobilisation de l’eau pour l’irrigation dans une approche de Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) et d’aménagement du territoire.
  • Le sous-projet Eau Potable vise à améliorer l’accès à l’eau potable des populations des communes d’intervention, une composante essentielle du volet nutrition, qui lui-même est un maillon central de la sécurité alimentaire. La grande problématique de ce projet sera de trouver comment rendre effectif le grand principe de « l’eau paye l’eau » en trouvant des solutions financières pour chaque maillon de la filière et chaque partie prenante du secteur, pour assurer un service public de l’eau accessible et durable.

AMSANA a démarré en octobre 2015 et les premiers mois ont été utilisés pour la mise en place des équipes des partenaires belges et l’élaboration des documents administratifs. Mais le 4 février 2016 ce programme a été lancé officiellement à Natitingou par le secrétaire-général de la préfecture des départements de l’Atacora et de la Donga. Le préfet s’était excusé, car en mission en dehors des départements. A la cérémonie de lancement ont participé des représentants du MAEP, de l’ambassade de la Belgique, des quatre communes et des services déconcentrés, les équipes des partenaires belges et des représentants d’autres intervenants dans la sécurité alimentaire dans l’Atacora.

Dans son discours, le chef du bureau de la coopération au développement de l’ambassade de la Belgique a fait allusion à la volonté du ministre de la coopération belge de stimuler des synergies entre acteurs belge. Dans le cadre d’AMSANA il ne s’agit pas seulement des synergies, mais des collaborations effectives entre les partenaires pour obtenir les résultats attendus. Il a conclu en disant « L’atteinte des objectifs est seulement possible si tous les acteurs collaborent et elle sera le succès de l’ensemble des partenaires, mais l’échec éventuel serait aussi la responsabilité partagée. »

 

Article: Harald van der Hoek, représentant résident de Protos au Bénin