Les EcoSan en commune Isale : une expérience réussie

Gauche: jardin potager ; Droite: Vincent Nizigiyimana montre son EcoSan © Protos

L’installation des latrines EcoSan en commune Isale fut l’initiative de Protos, d’abord dans les ménages en 2012 et ensuite dans les écoles en 2014.
Les EcoSan installées dans les ménages des femmes vulnérables depuis 2012, ont produit des effets positifs, en témoigne l’attachement que leur accordent les bénéficiaires. De peur de les perdre ces bénéficiaires assurent un entretien minutieux de ces latrines, c’est ce que nous révèlent les enquêtes effectuées en commune Isale.

Ces bénéficiaires ainsi que leurs voisins apprécient beaucoup la durabilité des latrines EcoSan dans cette zone où les latrines à fosse sont emportées par les pluies à chaque saison de fortes pluies.

Les latrines EcoSan, innovation de Protos en commune Isale épatent les gens non seulement de part ses effets fertilisants mais aussi de part sa durabilité et l’absence ou presque d’odeur. C’est ce qu’exprime Mr Nizigiyimana Vincent qui a installé sa latrine EcoSan depuis 2013, après avoir constaté que sa voisine (femme vulnérable qui a reçu une latrine EcoSan de Protos) ne s’inquiète plus de cela, alors que chez lui la latrine à fosse continue à exiger un renouvellement ou une réhabilitation récurrente.

Dans les écoles, cela fait presque une année, que l’école primaire de Muberure utilise les latrines EcoSan construites par AVEDEC, partenaire d’exécution de Protos au Burundi, et les bienfaits sont déjà remarquables.

Suite au nombre très élevé d’élèves, les bacs à urines ont été vite remplis. Ils ont utilisé ces urines dans les champs scolaires mais les superficies étaient trop petites devant le volume d’urine collecté, un membre du comité des parents en a pris une certaine quantité pour aller fertiliser son champ permettant ainsi de désengorger l’école qui se retrouvait avec des bidons remplis d’urine.

Ce membre du comité qui était aussi voisin de l’école a utilisé cette urine pour fertiliser son champ de haricots. L’aspect végétal de ce champ et du jardin potager de l’école a éveillé la curiosité des passants qui demandaient au propriétaire ce qu’il avait mis dans le champ.

Quand il a révélé qu’il a mis de l’urine, la demande s’est accrue à l’école et non seulement les voisins de l’école demandent de l’urine à l’école, mais ils essaient aussi d’adopter des stratégies pour collecter les urines dans leurs ménages. Certains ont affirmé qu’ils utilisent désormais des pots comme urinoir, quitte à verser les urines dans les champs au lieu d’aller les perdre dans les toilettes. D’autres, faute de moyens suffisants pour construire une latrine EcoSan, sont en train de chercher comment construire juste des urinoirs pour récupérer les urines en attendent d’avoir un budget pour une EcoSan complète. C’est le cas de l’école primaire de Nyarumpongo, qui, après la visite d’échange d’expérience HAMS entre les deux écoles, déploie des efforts pour chercher des fonds afin de construire des latrines EcoSan.

Selon les enquêtes menées dans les ménages en commune Isale, l’effet fertilisant des toilettes EcoSan, a aussi contribué à résoudre le problème de malnutrition qui s’observait dans cette commune, car l’utilisation de l’urine dans les jardins potagers ainsi que dans les bananeraies a permis une augmentation considérable de la production, et donc de la consommation de bananes et de légumes au sein de ces ménages vulnérables souvent touchés par la malnutrition.

MASUMBUKO Carinie